"PRESENTS DANS LE MONDE"
Jonas,
dans le conte, est dépité : Ninive n’a pas été détruite et son ricin
est desséché ! Il s’attarde dessous, réfléchissant. Moment capital où
il devient prophète autrement.
La grande ville est toujours là …
logique : les gens ont commencé de changer... Mais alors cette idée
que toute faute doit se payer ? Et sa conception de Dieu ? Il lui aura
fallu être menacé lui-même par la perte de son abri végétal pour qu’il
se mettre à réfléchir par lui-même et en lien avec tous.
Jonas, aujourd’hui, se réjouit des propos de « Claude Dagens, évêque et immortel » (La Croix 9 mai). Il insiste, comme Benoît XVI dans son discours de Ratisbonne, sur « l’accord profond » entre la foi et la raison.
« Nous
ne croyons pas assez que, dans la nouveauté chrétienne, le quantitatif
est second (…) le qualitatif est primordial. La qualité, c’est la
source, c’est-à-dire le Christ et ceux qui vivent du Christ (…) Bien
sûr qu’entre la culture chrétienne et la tradition du monde il y a des
rapports de force, d’incompréhension et d’ignorance. Mais nous devons
comprendre qu’ils peuvent être surmontés de manière raisonnable et
intelligente. » Et pour cela, dit-il, il faut être « présent dans le
siècle ».
C’est bien le cas des acteurs de terrain que nous
sommes, prêtres et laïcs ensemble, et c’est à partir des réalités
humaines vécues en conscience que nous voulons évangéliser – à
commencer par nous-mêmes. Nous nous efforçons de surmonter « de manière
raisonnable et intelligente » ce fossé béant que d’autres, hélas,
s’activent avec zèle à creuser toujours davantage.
«Il faut
reconnaître que la pastorale de la forteresse assiégée et de
l’intransigeance conduit à l’échec, insiste Mgr Dagens. Les stratégies
de reconquête ne me semblent pas fidèles à l’esprit de
l’évangile. » Nous répétons cela depuis vingt ans ! Amitié à tous Équipe Nationale JONAS
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vérité en négligeant sa réception est, à mon sens, gravement
attentatoire à la vie de celui qui parle et à la vie de ceux à qui il
parle" ( Jean-Marie Donegani à propos de l'Église institution
dans l'excellent N° spécial de La Croix Pentecôte 2009 : "un an de
l'Église de France ")
Peut-on lire ensemble la Bible et le Coran ? Christian de Chergé, Prieur martyr de Tibhirine, s’est engagé dans ce dialogue des Ecritures. Christian Salenson a recueilli ses écrits et cherché les conditions d’une pratique chrétienne de l’interlecture. Il
a publié « Le dialogue des Ecritures » (Lessius), « Prier 15 jours avec
Christian de Chergé » (Nouvelle Cité), et « Christian de Chergé, une
théologie de l’espérance » (Bayard).
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Une année spéciale pour remettre les prêtres à neuf . Réaction de DENIS prêtre Doyen pastoral.
L'Année Sacerdotale spéciale
voulue par Benoît XVI a commencé, le vendredi 19 juin, fête du
Sacré-Cœur de Jésus. Le pape en avait indiqué les finalités aux
cardinaux et évêques qui composent la congrégation pour le clergé,
réunis le 16 mars dernier en assemblée plénière
Par ailleurs Mgr Jean Louis
BRUGUÉS, évêque d'Angers jusqu'en 2007, secrétaire de la congrégation
pour l'éducation catholique dresse un impitoyable diagnostic des
séminaires surtout européens, rendu public par "L'Osservatore Romano"
du 3 juin 2009.
Denis, prêtre d'une
soixantaine d'années, Doyen pastoral d'un Diocèse de France n'a pas
tardé à réagir à ce projet. Voici ce qu'il a fait parvenir à Jonas.
Année Sacerdotale
Telle une année jubilaire, voici
un temps de bienfait accordé par le Seigneur. Les prêtres en ont désir
et besoin, il y a tant de secousses, tant de questions, tant de
bouleversements.
Une année pour s’interroger sur la
condition des prêtres oh oui bien sûr! Sans occulter aucune question:
sur le travail pastoral, sur la collaboration avec les laïcs, sur la
formation personnelle et la nécessité de formation pour tous les
baptisés, sur la vie spirituelle, les conditions matérielles et
financières du quotidien, sur l’équilibre affectif, la solitude, sur la
reconnaissance de cette vie donnée, sur la relève et les chemins
nouveaux à explorer, sur la fidélité à l’Evangile et la place de
l’Eglise dans le monde, sur les crispations de la hiérarchie et le
sentiment d’une restauration annoncée et voulue…
Mais le danger serait que les
réponses soient déjà données avant même que d’accueillir les questions.
Si c’est une année pour conforter ceux qui pensent et qui vivent qu’il
faut résolument retrouver l’image du prêtre des années 50 (ou même
avant) cela ne sert pas à grand-chose et élargit davantage le fossé
empêchant le dialogue entre l’Eglise et la société.
Je m’inquiète
quant à la mise en point de mire de la figure du St Curé d’Ars, que
veut-on retenir de lui? On sait les tendances identitaires et
restauratrices qui parcourent les séminaires d’aujourd’hui, une année
sacerdotale pour affirmer ces tendances et ce désir de (re)
cléricalisation est un danger qui menace et dont on voit poindre les
effets. La société de 1850 n’est pas la nôtre et l’on ne peut pas
simplement transporter un modèle, aussi édifiant fut-il. Il faut
répondre aux attentes et aux aspirations de nos contemporains en
trouvant notre chemin au souffle de l’Esprit dans l’audace et
l’adoration.
Retour sur la tornade dans l'Eglise. Paul Valadier
Paul Valadier compare la crise de l'hiver dernier à une "tourmente", à une "tornade". Effectivement le déclenchement fut brutal et certains épisodes étaient comme incontrôlables. Depuis tout semble retombé, le calme après la tempête : qui s'en plaindrait ? Mais rien ne serait pire que de reprendre le train-train comme si rien ne s'était passé. Comme si ça n'avait été que vent de folie, à oublier. Il nous faut au contraire faire l'inventaire. Ce qui est tombé, déraciné ou fracassé au milieu, il faut le dégager, le débiter, le recycler. Sinon gare aux maladies consécutives au pourrissement et aux incendies d'été !
Un gros travail pour tous : spécialistes et décideurs ont besoin des gens de terrain. L'oublieraient-ils qu'il faudrait le leur rappeler. Le temps est venu de parler, de se parler, chacun à sa place, personne n'est de trop. Valadier invite ici à "oser dire, dans l'Eglise"... T.H.
maurice : Dimanche 31 mai 2009 @ 22:39:07 (lus 99 fois)
GEOGRAPHIE DE L’ESPRIT SAINT de Georges DELATTRE
Il y a
longtemps que nous avons oublié nos fêtes locales de Pentecôte… C’était
au temps où les guerres étaient finies, peut-être, où les valeurs
familiales se croyaient définitives ? Alors, les liturgies paroissiales
s’accordaient même un lundi de congé bien mérité…
Depuis, devinez où nous en sommes ? – Sans doute, nous nous retrouvons
tous sur l’esplanade de Jérusalem où tonnerre et vent violent font
vibrer d’étonnement des milliers de pèlerins interloqués. Combien de
peuples énumérés ? Et qui se comprennent ? –Oui, c’est vrai, mais
aujourd’hui nos textes fondamentaux passent au travers des écrans et
d’internet. Les nouvelles vont vite et nous dépassent. Esprit, es-tu
là ? Entre explosions, inondations, famines, camps de réfugiés,
pollutions et catastrophes… (collectives ou personnelles) que
faisons-nous, nous les baptisés, les confirmés ?
image : inxl6.org Nos enfants qui seront bientôt soumis aux détecteurs pour aller à
l’école savent-ils s’ils ont reçu le baptême ? Et les petits Coréens ?
Et nous, peuples d’Occident, recevoir l’Esprit, est-ce pour éviter les
risques nucléaires ? Est-ce les catholiques qui ont délégué le Pape,
leur chef spirituel, comme ambassadeur universel ? Dites, on a du mal à
suivre. D’ailleurs faut-il le faire et comment ?
Le réel nous rattrape et nous propose une réponse : autour de nous
s’élargit mondialement la « Place Pentecôte » d’il y a deux mille ans.
Les étrangers affluent, qu’avons-nous à leur partager ? Ils nous
offrent leur faim de vie, leur espoir de liberté, leur désir d’être
reconnus comme humains et…comme enfants de Dieu ! C’est un tonnerre de
solidarité qui doit retentir en notre Occident dit ‘’chrétien’’ … Si le
vent souffle où il veut, n’entend pas qui veut ! Serons-nous sourds et
aveugles à cette descente de l’Esprit, ici et maintenant ? Il est temps
d’accompagner les receveurs de Feu, les linguistes universels… Il
est temps, pour chacun de nous, d’accompagner l’ami Nicodème (Jean,3)
pour interroger Jésus en notre nuit personnelle, en notre géographie
secrète…Sur notre part d’Universel souffle l’Esprit.
La Croix : le dialogue pour que vienne le printemps
Petit coup de Pub pour La Croix qui revient sur « un an dans l’Eglise de France » à travers
le mot-clé « DIALOGUE ».
Ce numéro spécial Pentecôte 2009 est un très bon cru. D’abord et avant tout parce qu’il
donne une lecture positive de la crise qui a été plus forte ici qu’ailleurs et qui est loin d’être résolue. L’Église de France n’est pas « fille aînée »
pour rien ! On est « aînés » en ceci que notre pays, nez pointé
vers l’Ouest et les nouveaux mondes, flaire et adopte les évolutions avant les
autres. Ces évolutions qui font peur de loin, de l’autre côté des montagnes qui
nous bordent à l’Est. La liberté individuelle, l’aspiration à une juste participation
à tout ce qui concerne la vie ensemble, et, en amont, la libre expression,
voici des valeurs à l’aune desquelles sont évaluées toutes les institutions, y
compris religieuses. Qu’on se le dise !
La Croix le dit : c’est un signe qui ne trompe pas.
Mais pourquoi Michel Kubler, dans son Edito, après avoir dit que
les crises à répétition de cet hiver ont eu chez nous « des
répercussions considérables », que « leur onde de choc n’a sans doute
pas fini de s’étendre en largeur comme en profondeur », qu’ « il s’agit
là d’un mouvement à longue portée, et non pas de secousses purement conjoncturelles
– encore moins d’une mousse médiatique facile à dénoncer avant de passer à
autre chose », pourquoi ramène-t-il cela, aussitôt après , à « des
réflexes institutionnels » et à « un problème de communication » ? Comme quoi les "lourdeurs" sont partout ; mais comme c'est en marchant qu'on s'allège, alors allons-y ...
Les députés européens et les exclus : communiqué du réseau des PARVIS par Gérard Warenghem
Par l'intermédiaire de PARVIS ce communiqué est de la part de : Partenia 77 - Partenia 2000 - Partenia Etampes - Chrétiens sans frontières 95 -Nous sommes aussi l'Église 75 - Ile de France membres de la Fédération Réseaux des Parvis
vous invitent à un temps de réflexion sur : L'Europe et les excxlus. « Les exclus et notre vote aux élections des députés européens »
un
compte rendu de la mise en route de cette réflexion. C’était le 21 mars
2009. Et ce travail continue … jusqu’au 7 juin, et même après, car nous
envisageons de rester en contact avec ceux qui seront élus !
L'aporie sur la "place" des femmes dans l'Eglise 4.
Pour
Jean XXIII l’émancipation des femmes était un signe des temps. Temps de
l’histoire, mouvement lent et profond, irréversible. Cette heureuse
émancipation peut-elle s’arrêter aux portes de l’institution ?
Dans
l’Église le temps se gâte. Tassement des ordinations au diaconat permanent et
du nombre des candidat(e)s pour les ministères laïcs ; mauvaise rentrée du
Denier de l’Église. Pour ce dernier fait, jugé préoccupant, l’amenuisement du
nombre des « pratiquants » et la crise économique n’expliquent pas
tout. Plus de quarante ans après Vatican II, la contribution financière des
fidèles est pour la plupart leur seule participation concrète à la vie de l’Église. Jamais en particulier
on ne leur demande leur avis. Est-ce normal ? Est-ce cela que Vatican II a
voulu ? Quand on a l’intime conviction que c’est désormais une question de vie
ou de mort que l’institution se réforme, va-t-on contribuer financièrement aux
bricolages douteux qu’on échafaude pour la maintenir en l’état ?
La
question des femmes : Est-ce la bonne manière d’aborder la question des
ministères ? N’y a-t-il pas plus important ? Est-ce le moment ?
Etc. Que répondre à ces objections sinon qu’on n’est jamais sûr… Mais
reste un principe évangélique très simple : commencer par les derniers, les
oubliés, afin justement de n’oublier personne. On oublie implicitement les
femmes et plus généralement les laïcs, majoritairement des femmes. On déplore
la mal nommée « crise des vocations » sans voir ces laïcs hommes et
femmes qui ont reçu la triple onction baptismale de roi, prophète et prêtre et
ne demandent qu’à participer davantage au ministère de l’Église, comme ils ont
commencé de le faire mais gênés aux entournures faute que leur soit reconnue
une vraie autorité-responsabilité.
Cette série d’articles a voulu
faire entendre les non-dits, ces silences gênés qui tous s’originent dans la
peur. Peur de scandaliser ou de se fâcher les uns les autres ; peur de
mettre le doigt là où l’espérance est mise à rude épreuve ; peur, très
crument, de perdre du pouvoir.
La résistance de l’institution à l’aggiornamento est un
scandale pour les « petits », celles et ceux qui se sont éloignés
sans bruit, ces gens choqués par ce qu’ils voient comme une non-reconnaissance
de ce que les femmes sont devenues, comme une condamnation, finalement, des
relations nouvelles hommes-femmes qui se vivent avec bonheur dans notre
société.
Il faut dire à temps et
contretemps que le signe des temps qu’est l’émancipation des femmes n’est pas
encore institutionnellement reçu. Et que, du fait que le refus d’ouvrir les
ministères ordonnés aux femmes a été présenté comme réponse définitive à la
volonté de Dieu, on est dans une aporie théologique.
De la « crise » dans
l’Église comme une épreuve de la foi.
Nouvel Exode. Le Peuple de Dieu s’étire à l’extrême de
ceux qui sont déjà bien engagés dans la mer de la Modernité à ceux qui ferment
la marche, les responsables désormais à la traîne, « tous derrière, tous
derriè-è-re », comme dans la chanson. Non, pas tous, mais trop, beaucoup
trop …
Dans un communiqué commun, les aumôneries de prison protestantes, musulmanes et catholiques demandent :
N'arrêtons
pas le chantier de réforme entrepris dans les prisons
Nous demandons au Garde des Sceaux :
-de ne pas remettre en cause le rythme de la mise en
œuvre des Règles Pénitentiaires Européennes,
-de faire inscrire dans les plus brefs délais l'examen
du projet de loi pénitentiaire sur l'agenda de l'Assemblée Nationale.
Au-delà de la responsabilité directe du gouvernement en cette affaire, il faudrait se demander pourquoi celui-ci se sent autorisé à manquer à ses engagements et pourquoi ces questions sont peu portées par les grands partis politiques.
Sur le territoire de ma commune se trouve une prison. Une amie qui s'y rend une fois par semaine pour l'accueil des familles qui viennent en visite, rapportait que, cherchant à recruter autour d'elle des bénévoles, non seulement elle n'arrive pas à intéresser au sort de ces familles et des détenus, mais qu'il n'était pas rare que de braves gens auxquels elle avait pensé pour cette présence active fraternelle lui manifestent leur regret de ce voisinage forcé avec une prison : elle enverrait "des ondes négatives" alentours, lui a-t-on dit dernièrement...
Le travail des associations ne suffit pas. Il y faut le relais des politiques et, en amont, primordial, ce travail citoyen premier, obscur et ingrat, de discuter, quand l'occasion s'en présente, et d'affronter, en raison plus qu'en bons sentiments, les réactions d'autrui ; pour cela rien ne vaut de s'informer. Il est des cas où parler c'est déjà agir : il faut œuvrer à la fabrique de l'opinion publique.