| Nous ne
parlons plus de nationalité, ni de citoyenneté. Il s’agit maintenant d’identité
nationale. Aux dires de nos gouvernants, nous devons aimer l’« identité nationale
française». « La France est à la
fois un héritage et une pratique. On ne peut pas être fier d’être français ;
on peut être fier de faire la France » (Régis Debray). Aimer, faire
progresser la liberté, l’égalité, la fraternité, la démocratie, la laïcité…
bien sûr. La plupart aiment toutes ces valeurs universelles. Mais la question,
c’est que le pouvoir qui lance cette campagne est celui qui restreint le sens
de ces valeurs :
-
On parle de supprimer des cours d’histoire dans les
lycées… l’identité nationale n’est-elle pas liée à l’histoire ?
-
Beaucoup de mesures sont prises pour favoriser le
développement de la richesse en se basant sur la domination du « capital
humain »… Quelle cohérence avec l’égalité inscrite au fronton de nos
mairies ? … etc. etc. …
Lancer un tel
débat, c’est affirmer que la nation est menacée par des ennemis venus d’ailleurs
mais aussi par des ennemis intérieurs. Qui sont-ils ? Est-ce ceux qui
apportent leur force de travail ou ceux qui exportent leur fortune ?
L’identité
nationale n’est pas un problème en soi : si on ne l’active pas, elle n’existe
pas.
« De ma terre natale
Je me suis levé.
J’ai frappé à la porte
De l’étranger.
Il m’a déplacé, déraciné.
Il m’a accueilli,
Et une question m’a envahi :
Qui est étranger ? »
Il y a une
urgence à faire émerger une citoyenneté terrienne capable d’articuler le
meilleur des différentes traditions de civilisation.
Saurons-nous
encore le faire ?
Gaby Rognon |