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abbé Pierre : écrit intérieur
L’Abbé Pierre sans polémiquer, mais une constatation :
Jonas
a toujours prêté attention au périple de l’Abbé Pierre. Bon nombre de
membres de Jonas, que ce soit sur le terrain paroissial, dans les
mouvements ou autres organisations connaissent de près « les Emmaüs »
et les soutiennent. Certains sont assez âgés pour avoir entendu la petite phrase de l’abbé qui
a tout déclenché : « Cette nuit une femme est morte de froid…. » ou se rappellent encore son passage au jeu radiophonique fameux "Quitte ou double" Jonas se réjouit donc d'avoir lu la contribution de Mgr Noyer dans Témoignage Chrétien de la semaine du 21 janvier.
Écrit intérieur : Il nous a tant éclairés
"Il n'a jamais caché sa foi chrétienne. Il n'a jamais refusé son titre
de prétre. Il n'a jamais remis en cause son appartenance à l'Église
catholique.Au contraire, il a fait confidence de cette intimité
contemplative avec le Christ où il puisait son énergie. Il a montré sa
fidélité à la simple prière des plus humbles des croyants. Il n'a
jamais renié les exemples reçus dans sa famille lyonnaise et qui ont
donné sens à sa vie.
Les foules lui rendent hommage. Les
médias ne parlent que de lui. Les politiques de tous bords se
rejoignent dans le respect. Les saltimbanques expriment une grave
émotion en parlant de lui. Et les évêques? Et les Églises ? Je ne les
ai pas encore entendus. Vais-je encore être, comme me le disait au
téléphone l'abbé Pierre quand il a publié ses ultimes confidences, le
seul évêque à le défendre ? Non, j'ai déjà entendu Jacques Gaillot. Et,
j'en suls certain, avant même que ce papier ne soit publié, des voix
bien plus solennelles que la mienne se seront faites entendre.
Mais ce n'est pas vers eux qu'on a tendu les premiers micros: on n'a
pas jugé qu'ils étaient les plus proches, les plus concemés. On a redit
plusieurs fois qu'il avait eu dans l’Église une parole libre et
dérangeante.On a rappelé qu’il avait eu dans sa vie quelques faiblesses
sexuelles. Est-ce pour cela que l’Église hésite à dire ses sentiments ?
Non, je n'arrive pas à croire qu'on y cultiverait à ce point la peur de
la sincérité et la sévérité pour le pécheur.
Ce qui gêne les
gens d'Église, c'est qu'il est trop clairement un porteur d'Evangile.
Il n'a jamais parlé au nom d'une Loi, mais il a regardé l'inconnu qui
gisait dans le fossé. Il n'a pas prêché une doctrine. Il a invité à
ouvrir les yeux sur ceux qui souffrent et à laisser monter en nous la
révolte de notre coeur. Il n'a jamais défendu une institution, mais il
a aimé des personnes concrètes. Il ne demandait pas aux chretiens
d'étre chrétiens; il demandait aux hommes d'être des hommes.
Il n'a jamais refusé la politique, ni la charité, ni les médias, ni la
notoriété, ni même la violence, mais il n'a jamais laissé son objectif
s'enliser dans ces marécages. Il était une conscience, éveilleuse de
conscience. Ni une bonne conscience parce que jamais satisfaite, ni une
mauvaiæ parce que jamais désespérée. Une conscience! Un peu comme le
Christ venant dans ce monde éclairer tous les hommes. Et s'il lui est
arrivé d'avoir des paroles discordantes sur le célibat des prétres,
I'homosexualité, le préservatif et d'autres sujets, ce n'est pas au nom
d'une théologie. C'est parce qu'il avait rencontré des hommes
malheureux, des âmes écrasées dans leurs secrets, des malades
désespérés. Peuton souhaiter que les gens d'Église entendent à travers
lui, à travers les générosités qu'il a fait lever, à travers l'émotion
des plus humbles, I'appel à une Église « servante et pauvre», comme on
disait au temps du Concile. Car c'est bien ce qui s'est esquissé alors:
on a ouvert les fenêtres pour voir la réalité du monde. On a prété
l'oreille à ce que les hommes attendaient. On a prféré, aux subtilités
de la doctrine, le dialogue et le service. L'Évangile ne nous dit-il
pas que la Loi est inscrite au cceur de tout homme et que la rencontre
de l'autre, particulièrement du pauvre, du prisonnier, du malade, de
l'abandonné, est capable de la faire surgir sans même que le nom de
Jésus ne soit prononcé?
De Coluche aux frères Legrand,l'abbé
Pierre a déjà des successeurs pour réveiller la conscience de tous
devant la misére de nos fréres. Y aura-t-il quelqu'un pour aider
l'Église à sortir de sa bonne ou de sa mauvaise conscience, afin de
rester,comme elle l'a souvent été, un des lieux où s'éveille la
conscience de l'homme? "
Cette déclaration de l’ancien évêque d’Amiens est en accord avec l’article qu’il avait déjà publié dans le même hebdomadaire lors de la parution des entretiens de l’abbé Pierre avec Frédéric Lenoir. A cette époque –il y a un peu plus d’un an seulement !- certains évêques avaient largement critiqué le vieil abbé … Auraient-ils la mémoire courte à l’heure des envolées officielles provoquées par la disparition de l’abbé empêcheur de prêcher en ronronnant ? Tant mieux s’ils changent, mais quand même … Jonas leur suggère de corriger leurs souvenirs : qu’ils n’oublient pas les « retractationes » d’Augustin (en latin évidemment, s’ils préfèrent)
« Lorsqu’un journaliste de VSD interroge Mgr Vingt-Trois à propos du livre de l’abbé Pierre où il avoue avoir succombé au péché de la chair, l’archevêque de Paris parle "d’exhibitionnisme" et de "pactole éditorial". Heureusement pour l’Eglise, précise-t-il, "un pompier pyromane ne discrédite pas pour autant le corps des pompiers". Quant aux allégations scandaleuses de l’abbé Pierre sur le désir sexuel de Jésus, il affirme : "Qu’est-ce qu’il en sait l’abbé Pierre, si Jésus était habité du désir sexuel ? Il était avec lui, à cette époque ?". Comme le fait judicieusement remarquer le Canard enchaîné, Mgr Vingt-Trois "n’était pas là non plus pour prouver le contraire".(Le Canard enchaîné - 30 novembre 2005)
Fallait-il revenir sur le sujet ? Jonas a pensé que cela était nécessaire, mais peut-être n’est-ce pas votre avis ? réagissez donc !
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