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Comment
JONAS se retrouve bien dans cette lecture...
Gérard
nen voudra certainement pas à JONAS de dire ce que celui-ci
a perçu en dévorant, « lEnfant hérétique
» - lÉcriture ne parle-t-elle pas de manger un
document ! - il est gardé sous le coude.
Merci,
Gérard : tu exprimes mieux que le feraient bon nombre dentre
nous et JONAS lui-même, ce quils pensent et surtout vivent
; en disant quil sagit dune « traversée
avec Jésus » tu tranquillises les hérétiques
que nous sommes tous, même sans doute cet évêque
et ce cardinal qui técoutaient lors dun exposé
pour le Service « Incroyance et foi » avec des «
visages impénétrables » (page 119) - et bien plus
à chaque page avec ton « agnosticisme » même,
comme tu le dis. ( page 156) « je lavoue : jéprouve
le besoin dun certain agnosticisme devant la personne de Jésus.
»
« Ce nest plus en lavant des pieds poudreux
quon est aujourdhui serviteur avec Jésus ; personne
ne songe, pour célébrer leucharistie, à
reprendre ses paroles en araméen lors de la Cène ; telle
doctrine qui fait de Jésus une victime expiatoire pour apaiser
la colère divine fait se cabrer les consciences
On pourrait
multiplier les exemples. La fidélité invite à
innover sans cesse en actes, en paroles, en pensée
»
et : « Un certain agnosticisme dattente et despérance
élargit ma respiration intérieure. » (page 123)
Fait gaffe, Gérard beaucoup vont se retrouver avec toi pour
la « traversée » avec ce Jésus là
!
Tu veux
bien être hérétique, et depuis ton enfance, par
contre tu te défends dêtre schismatique. «
Je lui répondit-à lévêque en question-que
lÉgliseétait ma famille, et quon demeure
toujours de sa famille, même si lon est en désaccord
avec certains de ses membres. » (page120) Cest tout à
fait clair chez Gérard comme ça lest chez ceux
et celles qui se retrouvent en JONAS, y compris la plus part de ces
prêtres que lÉglise elle même na plus
reconnus. « Oui, pour ma part, écrit lun deux,
prêtre marié, je suis encore DEDANS, ce qui ne mempêche
pas dêtre positivement critique après avoir tant
souffert des règlements intérieurs de cette institution
» Tu vois, je te le disais, ils vont tous se retrouver avec
toi et Jésus !
JONAS
se demande toutefois sil nest pas regrettable de nêtre
pas catalogué comme schismatique ? Schismatiques, on parlerait
de nous, des évêques et Rome nous répondraient,
ouvriraient le dialogue, il ny a rien de pire en effet quune
attitude dindifférence ! Ils doivent dire : « cest
pas bien grave et ça passera ! Par exemple tu cites : Durant
l'automne 1999, un synode des évoques d'Europe a rassemblé
des délégués des épiscopats des divers
pays. « Le 7 octobre, le cardinal Martini a fait une intervention
qui m'a paru libératrice. Hélas, elle est restée
sans écho dans cette assemblée. Ce jésuite, homme
d'une haute compétence, archevêque de Milan, a pris la
parole, pour présenter trois « rêves ». Voici
le troisième: « Répéter de temps en temps,
au cours du siècle qui s'ouvre, une expérience de rencontre
universelle entre les évêques qui permette de défaire
certains des nuds disciplinaires et doctrinaux qui réapparaissent
périodiquement comme des points chauds sur le chemin des Églises
européennes, et pas seulement européennes. »
Des «
nuds disciplinaires et doctrinaux » ? Il n'a pas dit seulement
« disciplinaires », il a dit aussi « doctrinaux».
Qui sait, peut -être ne suis -je pas aussi hérétique
que je le pense ? Ou peut -être ne le suis - je qu'en rapport
avec une orthodoxie d'aujourd'hui qui pourrait bien être réinterprétée
demain, quand on considérera, en Europe et ailleurs, dans le
passé et le présent, la différences des contextes
culturels et qu'on acceptera une diversité des expressions
du christianisme ? Serais - je un « hérétique
provisoire » ? Mais pour combien de siècles ? »
On va
m'accuser d'être bien prétentieux mais j'ai envie d'écrire
une énormité : si Jésus revenait, ne serait-il
pas un hérétique permanent ? ( page 160-161 )
De plus
cette observation fait penser à JONAS ce quil a lu dans
La Croix : « Le Cardinal Dannneels plaide pour la collégialité.
Larchevêque de Bruxelles sexplique dans un entretien
donné au mensuel italien « Trente Jours » sur une
possible réforme de lÉglise.« Au second
millénaire, il y a eu un processus de centralisation, dans
lequel lÉglise a été influencée
par le modèle des monarchies nationales en formation. On ne
peut prévoir ce qui arrivera dans le troisième millénaire.
Mais il pourrait être souhaitable de baisser un peu le ton dans
le bon sens. De mettre laccent sur les traits essentiels du
ministère pétrinien. Ainsi pour les futurs Pages de
se démettre. » ( Croix du 26 12 2003)
Bon,
tu vois Gérard pour la traversée, si ça tangue
un peu nous ne sommes pas en mauvaise compagnie même avec un
Jésus hérétique qui reviendrait. A te lire et
ils vont être nombreux réconfortés, cest
à se demander si quelques évêques ne vont pas
se régaler en te lisant en douce, le Pape peut-être aussi
avant sa disparition à moins que ce soit pendant !
Tranquillises
toi, JONAS na pas lintention de récupérer
l »Enfant hérétique » pour défendre
ses positions mais que veux-tu, aussi simplement que celui-ci se dévoile
au long des cent quatre-vingt pages, JONAS découvre ce qui
peut faire sa force et lui donner le courage de se maintenir dans
ses orientations « souhaitant que la liberté de conscience
et le droit au désaccord soient reconnus jusque dans le domaine
des croyances. » (page 157)
La seconde
consultation lancée va dans ce sens et JONAS sait bien aussi
« quelle décantation simposeront pour que nos contemporains
, et particulièrement les adultes de demain, perçoivent
la nouveauté de la Belle Nouvelle »
Certains
peuvent penser que cest simple de vivre des années avec
une spiritualité dhérétique cest
bien de cela dont il sagit à travers tout le livre. Cela
invite JONAS à ne pas se faire dillusions pour tenter
de répondre à cette question : « qui dites-vous
que je suis ? » en sachant que à son sujet « les
immenses débats philosophiques et théologiques sur son
identité feront parfois oublier sa provocation à changer
de vie, à changer la vie » (page 141) Et pourtant sa
culture théologique, philosophique, historique et exégétique
est grande. Son érudition excelle en de nombreux domaines et
sans en imposer, pages après pages il fait découvrir
quel est son guide de traversée, le nom retenu le plus souvent
pour désigner Jésus est celui d« lEveilleur
», de « Compagnon »
mais dit-il, imaginant
ce quil écrirait sur la feuille blanche à lui
remise pour rédiger une dernière fois quelques lignes,
sur le point de mourir il écrirait : « JESUS
Depuis
ma jeunesse, ces deux syllabes douces mont entraîné
dans létude, dans la prière, dans la libre réflexion
.Mon
désir de le connaître davantage et mieux est toujours
aussi vif. Et jai toujours le sentiment dêtre au
commencement. » Et souvenons-nous, ce commencement est la découverte
dun lucane mort, gros insecte aux ailes luisantes et dit-il
:
«
Je suis resté en extase devant cet être inconnu. Soudain,
j'ai décidé que c'était « Dieu ».
Faut -il dire: « J'ai décidé » ? Serait
-il plus exact d'écrire: « J'ai cru reconnaître
Dieu dans le beau lucane » ? Je ne sais pas, mais il me semble
apercevoir dans les brumes légères de la mémoire
enfantine que les deux formules sont vraies et qu'elles s'appellent
l'une l'autre. ( page 14 )
Quelle
poussée intérieure m'avait fait diviniser le lucane
? Ce n'était pas la « peur », dont Lucrèce
dit qu'elle« fit les dieux ». Était -ce l'étrangeté
fascinante du gros insecte avec ses mandibules impressionnantes ?
Faut -il expliquer cet événement religieux par mon «
ignorance » ? Sans doute, car j'étais devant l'Inconnu,
auquel je ne pouvais même pas donner un nom. Mais cette explication
ne suffit pas. Mon dieu mystérieux était beau. Peut
-être l'émerveillement est -il lui aussi à l'origine
des dieux... Comme si l'on ressentait un excès, un déborde-ment
à l'intérieur de nous -mêmes, un élan qui
vient de plus loin que nous et qui loin s'en va.
Ce fut
le premier dieu qui me fût vraiment personnel. L'ai-je tout
à fait renié ? Je noserais l'affirmer.
Tu sais,
Gérard, dans ce commencement nous nous retrouvons bien, chacun
de nous à son lucane mort quelque part ! Il sont nombreux ceux
et celles qui aimeraient que leur lucane soit considéré
et pris en compte alors que dentrée de jeu on leur en
impose un ! « Et on a dit quil était mort. Cest
vrai,mais le naufrage des idées, ,des formules, le rend à
lui-même. Et comme la dit le poète, »tout
dieu mort met au monde un Dieu toujours futur ». Notre inconnaissance
ne serait-elle pas le grand seuil ouvert au vertige
? Mes voyages,
mon voyage de vie vont vers lineffable Compagnon. » (page
13)
« LEnfant hérétique
» Une traversée avec Jésus
de Gérard BESSIERE, chez Albin Michel 190 pages 15¤
Gérard BESSIERE, 75 ans, a été lun des
prêtres les plus influents dans des milieu
assez divers, en particulier dans les Équipes Enseignantes
comme Aumônier National, responsable de formation permanente
diocésaine. Il a longtemps tenu chronique dans lhebdomadaire
La Vie.
Retiré dans sa maison de Luzech, qui devient chaque été
un haut lieu de réflexion sur les mouvements sociaux du monde,
ce prêtre est resté un homme en marche, fidèle
à lenfant qui lhabite
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